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DILÊMMA

L'exposition

L'exposition se présente comme une question ouverte où chacun peut apporter sa propre réponse.

D'un coté les symboles de la société de consommation sculptés dans du calcaire monochrome pour symboliser toute la lourdeur du système. Le gâchis représenté par des objets de la vie courante : fabriqués par l'homme, utilisés par celui-ci et abandonnés sans ménagement.

Ce gaspillage nous montre sa tristesse : la consommation comme moyen d'existence et qui devient en même temps la pollution qui pourrait nous détruire.

De l'autre côté, les 6 saisons, le cycle éternel de la nature. Des mini-scènes où le marbre, l'albâtre, la serpentine et le bois se juxtaposent ou s'assemblent pour exprimer les énergies des différentes périodes de l'année. Toutes ces richesse de couleurs et de formes pour matérialiser la légèreté, la fragilité mais aussi la force de la nature.

L'œuvre centrale amène à une réflexion sur deux plans :

L'impact des produits de surconsommation sur notre environnement. Le respect de la Nature qui n’est pas juste une recommandation ou une morale mais une question plus fondamentale qui met en cause à la fois notre culture occidentale fondée sur la possession, exploitant notre avidité égocentrique et notre stupide indifférence face au conséquences sur la Nature.

Notre statut d'êtres humains issus de la nature mais désormais "dénaturés" et embourbés dans une culture que nous nous sommes forgée, ne réalisant plus qu'en maltraitant la nature c’est nous-même que nous maltraitons, la séparation entre l’Humain et la Nature n'existant simplement pas.

La treizième œuvre symbolise le dilemme : faire des concessions pour le long terme ou rester dans ce confort dangereux. Ultimement, elle pose la question : va-t-on survivre, renaître ou mourir ?

L'artiste

Cette interrogation correspond aussi à une période de ma propre démarche artistique et de ma vie.

Étant issue du monde des affaires ou j'ai exercé pendant 20 ans dans le domaine de l'esthétique, j'ai choisi de réorienter ma carrière vers des bases et des valeurs différentes. D'abord entièrement tournée vers la consommation avec des objectifs de résultats et de rentabilité, j'ai choisi de me déraciner de ces valeurs pour mieux m'enraciner dans ma propre créativité.

La sculpture s'est imposée à moi comme une évidence car mon sens du toucher était resté très développé.

Le dilemme s'est très rapidement présenté : l'expression de l'artiste en balance entre le beau , le commercial, l'appartenance à un mouvement et la liberté, le simple plaisir de s'exprimer, d'être authentique. L'art comme moyen de subsistance ou comme moyen d'expression simple et personnel ?

Mais il me fallait sortir des conventions et des demandes du marché pour aller à ma propre rencontre.

J'ai donc choisi l'isolement à la campagne pour contribuer à effacer les faux besoins, les réflexes conditionnés et me permettre de laisser la nature reprendre la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter dans ma vie.

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